Voici la deuxième partie de l’article démarrer une activité artisanale en évitant de se planter.

Si vous n’avez pas encore lu la première partie, je vous conseille vivement de le faire avant de continuer parce que je fais référence (dans cette suite) à plusieurs éléments contenus dans le premier texte.

Vous avez pris(e) une grande décision, celle de vous lancer dans la création artisanale. Je suis de tout cœur avec vous et je ne peux QUE vous encourager dans cette démarche. Certaines personnes essayeront de vous décourager en vous disant que ce n’est pas le projet du siècle, d’autres vous diront que le marché est saturé (alors qu’ils n’y connaissent rien) et pour finir, il y a (mes préférés) les frileux, qui eux diront que votre choix est risqué…

Ceux la même qui ne feront jamais rien, de peur que cela échoue…

Il a été prouvé que, plus vous prenez des risques, plus le résultat est susceptible d’être important. Cela se vérifie notamment dans les placements financiers.

Toutefois, le risque que vous prenez doit être mesuré et c’est pour cela que j’ai décidé de rédiger cette suite d’articles. Mon but est de vous aider à préparer votre projet de la meilleure façon possible afin d’éviter un échec prématuré.

Remettons-nous au travail ! Après l’étude de marché et la rédaction d’un plan d’action, vous pouvez faire une petite sieste. Je dis bien « petite » parce qu’il vous reste encore du boulot.

Définir votre stratégie :

Votre stratégie de prix

Je pense que connaître le prix de revient de ses produits est déjà un bon départ pour fixer un prix de vente. Je vous préconise donc, avant de définir votre stratégie de prix, de lire l’article Prix de vente : 5 astuces simples pour le fixer efficacement.

Cette étape est une des plus importante parmi toutes celles concernant vos stratégies parce que des prix inadaptés (soit parce que vous ne dégagez pas de rentabilité, soit parce que cela ne correspond pas au standard de votre marché) peuvent vous faire fermer boutique avant même d’avoir commencé…

Ne faite justement par l’erreur de brader vos prix pour vous assurer une clientèle. Ne soyez pas complexé par vos tarifs et dites-vous qu’il n’y a aucun avantage à pratiquer des prix excessivement bas, bien au contraire.

Est-ce que le caractère exceptionnel de vos produits et le temps important demandé pour leur réalisation justifient un prix élevé ? Si oui, pas de raison de baisser vos tarifs et brader votre travail.

Votre stratégie de positionnement

Comment souhaitez-vous que vos produits soient perçus ?

Les artisans veulent être (à juste titre) reconnus pour leur savoir-faire et la qualité de leurs produits, c’est donc ce positionnement que vous devez rechercher.

Inutile de chercher à vous positionner de la même manière que des produits chinois. Il n’y a rien de péjoratif là-dedans, je souligne juste le fait que la qualité et le savoir-faire sont différents.

Votre stratégie de distribution

La question de la distribution mérite réflexion. Est-ce qu’internet sera votre seul canal ? Est-ce que dans le futur vos produits pourront être distribué par d’autres revendeurs ? Cela peut avoir une incidence sur votre marque donc il faut y réfléchir dès le départ. N’hésitez pas à analyser la stratégie de vos concurrents.

Votre stratégie de communication

C’est souvent le gros point faible des artisans. Une utilisation aléatoire des réseaux sociaux sans réelle but. Une présence sur les médias sociaux trop discrètes, des post qui ne font références QU’A LEUR PRODUIT, bref, une mauvaise stratégie de communication qui forcément donne peu voire pas du tout de résultats.

Je vous invite à lire mon article 7 étapes pour définir sa stratégie réseaux sociaux quand on est artisan/créateur(trice).

Votre plan de financement

Comment comptez-vous financer votre projet ?

Il ne s’agit pas juste de dire : « j’ai 1000 euros d’économies, je vais les utiliser pour financer mon projet »

Vous devez évaluer toutes les sources de dépenses mais également faire un prévisionnel des ventes de vos produits.

Quels seront vos besoins ?

Vous allez avoir des postes de dépenses fixes et d’autres plus « aléatoires », vous devez dans la mesure du possible tout prévoir.

 Quelles seront vos ventes ?

Si vous avez votre propre site internet et que vous avez prévu un trafic de 100 visiteurs par jour sur votre site. Vous pouvez vous attendre à environ 2 ventes par jour. Comment j’ai obtenu ce résultat ? C’est simple, si on considère que le taux de vente moyen pour un site de e-commerce est de 2%, cela représente 2 personnes pour 100 visites. C’est la FEVAD, la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance, qui après analyse du marché a conclu que le taux moyen de conversion pour les sites e-commerce était de 2%. Je pense donc qu’on peut se fier à ce taux pour effectuer un prévisionnel.

Créer votre business plan

Un business quoi ??

C’est le moment d’utiliser tout ce que vous avez effectué comme recherche et de le consigner dans un seul et même document qui sera votre tableau de bord.

Business plan, c’est le nom donné à ce fameux dossier qui contient tous les éléments clés de votre projet. Ce document est en général demandé aux entreprises qui recherchent des financements. Il permet de convaincre de futurs partenaires financiers.

Pourquoi je vous demande de le rédiger quand même ? Tout simplement parce qu’il vous servira de guide, de repère lorsque vous ne saurez pas si votre business va dans la bonne direction. Considérez-le comme le phare qui guidera votre bateau lorsque le temps ne sera pas clément. C’est un document que je préconise de lire régulièrement pour rester focus sur ses objectifs.

Comment le rédiger ?

Votre dossier va se découper en quatre parties :

  1. La première partie vous concernera vous et votre projet.
  2. La deuxième partie concernera votre marché (l’état du marché, concurrence, client cible)
  3. La troisième partie sera consacré à votre stratégie (Prix, produit, distribution, communication)
  4. La dernière concernera votre plan de financement et votre prévisionnel.

Normalement à ce stade, vous avez du grâce à la première partie de l’article, remplir la partie 1 et 2 puis avec les renseignements donnés plus haut, la partie 3 et 4.

Je ne pense pas que ce soit pertinent que je vous donne un exemple type parce que vous pouvez en trouver facilement sur internet. Google est votre ami 😉

L’intervention de Mme Dupont

Vous l’avez remarqué, Mme Dupont est dans plusieurs de mes articles mais visiblement elle change de nom pour passer incognito. Elle à encore, comme à son habitude, une remarque à faire.

Mme Dupont m’interpelle en me disant : « Oui mais un business plan, c’est long à rédiger…On va perdre du temps »

Si comme Mme Dupont vous pensez qu’il est nécessaire de monter un dossier de 30 pages…Vous avez tout faux ! Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Vous n’avez pas besoin de rédiger un document pour des business angels ou pour obtenir un financement par le biais de votre banque donc inutile de vous mettre la pression 🙂

Si j’insiste sur le business plan c’est tout simplement parce que, plus vous saurez vers quoi vous voulez allez, plus cela sera simple d’y parvenir.

Dites-vous que ce document sera en quelque sorte votre GPS, il vous aidera à atteindre votre destination beaucoup plus vite que si vous n’aviez rien…

Il faut savoir perdre du temps intelligemment. Ce « temps perdu » sera sans doute le meilleur investissement que vous ferez pour votre future entreprise créative !

Je vous réserve quelques surprises pour la dernière partie.