C’est un peu par hasard que j’ai découvert le blog de Margaux. C’est parce que j’ai adoré son blog, sa personnalité et aussi parce que je m’intéresse de plus en plus à la couture que j’ai décidé de la contacter pour une interview.

Bonjour Margaux, est ce que tu peux te présenter ?

Je suis Margaux, j’ai 27 ans, originaire du Nord de la France, proche de Lille. J’ai étudié en école de stylisme et de modélisme à Roubaix, puis je suis partie vivre un peu plus de 4 ans à Paris.

J’ai toujours aimé la mode et l’entreprenariat puisque j’ai commencé à coudre à 7 ans sans m’arrêter, j’ai ouvert ma première boutique en ligne (dawanda) à 15 ans et j’ai commencé les marchés de créateurs jusqu’à mes 18 ans.

Tu es Bloggeuse (couture et voyage) mais aussi créatrice. Comment en es tu arrivée à faire tout cela ?

La couture est une passion très très très ancienne transmise par ma maman. Après le bac, j’ai enchainé assez naturellement vers un cursus mode pour apprendre le métier de styliste puis de modéliste.

Après mes études, je suis partie à Paris pour mon stage de fin d’études qui a été un enfer ; c’est à ce moment que j’ai lancé mon blog ohetpuis.com qui parle aujourd’hui de mes nombreux voyages et de ma vie de freelance nomade. J’ai enchainé avec des missions en freelance pendant 2 ans puis j’ai lancé mon second blog, couturedebutant.fr. Ce second blog est pour moi l’occasion de parler de ma passion, partager mes connaissances de professionnel et partager avec les autres passionnés de couture. « Couture Débutant » est vite devenu un blog qui faisait parler de lui, ce qui m’a permis de m’encourager à me lancer à nouveau en freelance. J’ai continué à donner des cours de couture, j’ai lancé des ateliers couture et depuis je fais aussi du modélisme pour des clients.

En septembre 2016, j’ai lancé un projet que j’avais prévu depuis plus de 3 ans : petitpatron.com. Ce sont des patrons de couture pensés pour les débutants au format pdf.

Toutes mes activités sont axées sur le digital afin de me permettre de voyager un maximum puisque depuis janvier, j’ai quitté Paris pour ne plus avoir de toit au-dessus de la tête. Je voyage à travers le monde et quand je suis en France, je suis chez papa et maman pour travailler et préparer tout ce qu’il faut pour continuer à travailler (d’autres missions) à l’étranger. Je m’organise de manière à faire tout ce qui demande du matériel en France puis quand je suis à l’étranger je fais tout ce qui est digital, gestion de la communication par exemple.

Tu as un blog (http://couturedebutant.fr/) dans lequel tu donnes des astuces couture, tes patrons et partages tes créations, mais tu le fais aussi via Instagram et Youtube. Penses-tu que le blogging et plus généralement les réseaux sociaux sont devenus indispensables pour développer son activité artisanale ?

Je pense effectivement que 50% du produit vient de la communication. Il faut un bon produit, c’est la base mais si vous n’avez pas une bonne communication personne ne vous trouvera. Aujourd’hui internet est une jungle et quand on veut percer et se faire repérer il faut de la patience. Beaucoup vous regarde mais n’achèteront jamais alors il faut toucher beaucoup plus de monde qu’une boutique physique qui peut vendre à 70% des personnes qui entrent chez elle.

 

Les réseaux sociaux et le blogging ont aussi l’avantage de pouvoir faire une communication moins conventionnelle et moins stricte permettant de s’amuser. Je ne suis pas du tout dans le secteur de la com alors j’ai choisi de faire à ma manière et d’être moi à 100% sur mes réseaux, ce qui finalement fonctionne bien.

Tu t’es lancée un défi « No shopping » en juillet 2016 et tu as récemment fais un bilan de cette expérience. Peux tu nous en parler ?

J’aime coudre et j’ai toujours été sensible aux questions écologiques et à la responsabilité humaine. Je suis loin d’être irréprochable mais j’avais envie d’agir à ma manière. J’ai donc décidé de ne plus du tout acheter de vêtement en magasin et de tout faire moi-même puisque je sais le faire. Depuis 1 an, je me fabrique une garde-robe suivant mes besoins et ça fonctionne parfaitement bien. Je suis fière de ne plus surconsommer puisque faire un vêtement et plus long que l’acheter. Je suis fière de porter du sur-mesure et encore plus fière d’inspirer de plus en plus de mes lecteurs. J’ai fait le bilan en janvier et j’ai décidé de continuer car maintenant, je n’ai plus du tout envie de porter de l’industriel, je suis bien trop fière et confortable dans mes vêtements fait main.

Beaucoup de créateurs et créatrices débutantes veulent se lancer de façon professionnel. Quelles sont les erreurs que font généralement les débutants et que tu conseilles d’éviter ?

Je pense que les soucis sont assez simples : chercher à faire ce qui marche déjà. Si ça existe pourquoi faire exactement la même chose ? Ensuite, beaucoup de petits créateurs s’imaginent qu’en faisant 2 pochettes ils vont cartonner comme leur exemple et donc ne créent pas de produits avec une vraie identité et ne font pas de communication. La com doit être prioritaire pour sortir du lot. Ensuite, on ne regarde pas les prix du voisin, on analyse son produit, on regarde combien il nous coûte avec les frais fixes (taxes, impôts, charges des revendeurs…) pour en faire un produit à vraie valeur.

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Quels sont tes projets pour l’année à venir ? Un nouveau challenge en vue ?

Beaucoup de voyages, pour cette fin d’année je pars de Lille jusqu’à Amsterdam à vélo, puis 2 mois de « back pack » entre la Thaïlande et le Laos (ou la Birmanie, j’hésite et je pense me décider au dernier moment).

Sinon, je travaille énormément sur la Communauté « Couture Débutant », qui est une communauté Facebook (https://www.facebook.com/groups/500474023625193/) à laquelle tout le monde peut adhérer pour parler couture, poser ses questions et participer au challenge. Ensuite, j’ai beaucoup d’autres projets qui sont encore top secret.

Un dernier mot pour la fin ?

N’abandonnez jamais, si vous croyez en votre projet il peut exister même dans un secteur concurrentiel. Et surtout, ne vous arrêtez jamais. Le challenge et la nouveauté sont les meilleurs moteurs.